Contradictions : une détection stable, sans spéculation
Explanation — objectif : comprendre pourquoi Noezis détecte de façon fiable les contradictions explicites et ne spécule pas sur les liens profonds. Un choix de stabilité et de confiance, pas une limite subie.
Noezis est un système stable : il signale ce qui se contredit explicitement, de façon reproductible, et il n'invente pas de liens profonds qui demanderaient de deviner. Résultat : ce qu'il signale sur les décisions est fiable, et il ne fabrique aucune alerte tirée d'un raisonnement hasardeux. (Sur la prose, c'est un radar qui sur-signale, à trier — voir plus bas.)
Ce qu'il détecte de façon fiable : les décisions structurées
Une décision dans Noezis est un fait structuré : un sujet, un prédicat, une valeur (par exemple « politique de télétravail → est → 2 jours par semaine »). Quand vous posez une nouvelle décision sur un sujet déjà tranché avec une valeur différente, Noezis le voit par comparaison exacte et bloque : impossible d'avoir deux vérités opposées sur le même point sans s'en rendre compte.
C'est fiable parce que c'est déterministe : on compare des champs structurés, pas du texte libre. Pas d'interprétation, pas de hasard. C'est le niveau sur lequel vous pouvez vous appuyer.
Plus fin qu'un simple « vrai/faux ». La détection tient compte de qui a décidé. Deux valeurs opposées sur le même sujet par le même auteur = un vrai conflit, bloqué. Les mêmes valeurs opposées par des auteurs différents = deux paradigmes qui coexistent légitimement — signalés comme tels, pas écrasés en une fausse vérité unique. Le désaccord et le temps (versions remplacées) sont donc de première classe, pas juste un booléen.
En pratique : posez une décision sur les sujets qui comptent (noezis_assert_decision). Là, la détection est nette. Pour remplacer une décision dépassée, noezis_supersede.
Le prérequis : une nomenclature cohérente — et Noezis y veille
La comparaison étant littérale, deux décisions ne se contredisent que si elles parlent du même sujet, écrit de la même façon. Pour que ça marche sans discipline manuelle, Noezis agit à deux niveaux :
- Des skills poussés à l'agent. Au moment où un agent enregistre une décision, Noezis lui surface une consigne de format : nommer le sujet de façon canonique (un concept, une clé). L'agent garde une nomenclature cohérente sans y penser, d'une session à l'autre.
- Un glossaire d'alias. Les synonymes connus (« télétravail », « remote », « travail à distance »…) sont ramenés à une forme canonique unique avant la comparaison. Une contradiction reste donc détectée même si deux personnes l'ont formulée différemment.
Résultat : la mémoire respecte une nomenclature consistante dans la durée, et la détection ne se fait pas piéger par un simple écart de vocabulaire.
Ce qu'il signale comme un radar : les documents
Pour la prose (vos documents), Noezis lève une alerte quand un texte touche un sujet déjà décidé. C'est un radar, pas un juge :
- Il n'en rate quasiment aucune : si une vraie contradiction existe sur un sujet suivi, elle remonte.
- Mais il sur-signale : il alerte aussi quand un document ne fait que confirmer ou mentionner le sujet, sans le contredire. En pratique, une alerte sur deux à trois est une vraie contradiction — les autres sont du bruit à écarter.
Ce choix est assumé : mieux vaut une alerte de trop qu'une contradiction qui passe inaperçue. C'est à un humain (ou à l'agent) de trancher, pas au radar. Les alertes se traitent via la file de revue (noezis_review_queue).
Ce qu'il ne détecte PAS
Pour ne pas vous tromper, voici les angles morts réels :
- Les contradictions sans vocabulaire commun. Deux phrases qui se contredisent par le sens mais ne partagent aucun mot-clé peuvent passer sous le radar. Il faut un minimum de recoupement de termes.
- Ce qui demande du raisonnement ou des connaissances extérieures. « Le serveur est en Europe » vs « les données sont hébergées aux États-Unis » se contredisent si l'on sait que serveur et données vont ensemble — Noezis ne fait pas ce raisonnement.
- Les termes vraiment inédits. Les synonymes connus sont ramenés à une clé canonique (cf. nomenclature cohérente plus haut), mais un terme jamais vu ni aliasé peut encore échapper à la comparaison tant qu'il n'est pas rattaché au bon sujet.
- Les contradictions entre entités (« X dépend de Y » vs « X ne dépend pas de Y »), ainsi que les contradictions orientées sensibles à l'ordre (« Jean a tué Paul » ≠ « Paul a tué Jean »), relèvent du graphe de relations entité↔entité. Ce mécanisme est conçu mais pas un acquis fiable aujourd'hui (couche d'extraction d'entités encore trop fragile) — on ne s'appuie pas dessus.
Pourquoi c'est conçu ainsi
La recherche et la détection de Noezis sont déterministes : aucun modèle de langage dans la boucle. On y gagne la reproductibilité (même base, mêmes alertes, vérifiables) au prix d'une compréhension fine du sens. Le parti pris : être exact là où c'est structuré (les décisions), et honnêtement approximatif là où c'est du texte libre (un radar à trier), plutôt que de prétendre tout comprendre.
Aller plus loin
- Décision vs document → Décision ≠ document
- Le cycle de vie d'une information → Le cycle de vie d'une information